Les discriminations raciales et ethniques

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Bulgarie, Ă©tude rĂ©alisĂ©e par l’Union DĂ©mocratique des Femmes, en Français (PDF)

Bulgarie, Ă©tude rĂ©alisĂ©e par l’Union DĂ©mocratique des Femmes, en Bulgare (PDF)

France, étude réalisée par Emergences (PDF)

Hongrie, étude réalisé par TARS, en Hongrois (PDF)

Italie, étude réalisée par la CGIL (PDF)

origine

MalgrĂ© l’idĂ©e largement rĂ©pandue d’un monde global, aux frontières ouvertes, les Ă©tudes concernant la discrimination raciale ou ethnique, rĂ©alisĂ©es par les partenaires du projet NODISCRIM - la Bulgarie, la France, la Hongrie et l’Italie - mettent en Ă©vidence que s?affrontent encore en Europe deux reprĂ©sentations de la diversitĂ© :
- l’une en termes “d’avantages”, selon laquelle les communautĂ©s raciales et ethniques sont sources de richesses pour la nation, tant d’un point de vue Ă©conomique que culturel ;
- l’autre en termes de “coĂ»ts”, oĂą l’on assimile ces mĂŞmes communautĂ©s Ă  des “chĂ´meurs irrĂ©guliers”, associĂ©es Ă  “l’abus, l’illĂ©galitĂ©, la dĂ©linquance voire la criminalitĂ©”.

En France comme en Italie, alors qu’une lĂ©gislation abondante et ancienne en matière de lutte contre la discrimination raciale existe, le phĂ©nomène persiste. Les victimes sont les Ă©trangers qui ne possèdent pas la nationalitĂ©, les immigrĂ©s nĂ©s dans un pays Ă©tranger mais vivant dans l’Etat en question et tous ceux qui ont “l’air” d’ĂŞtre Ă©trangers, immigrĂ©s du fait de leur apparence, de la couleur de leur peau, de la consonance de leur nom? La discrimination porte principalement sur l’embauche (avec une sous-qualification ou une concentration dans des secteurs Ă  risques), sur la durĂ©e du chĂ´mage, la rĂ©ussite scolaire, la concentration gĂ©ographique dans les quartiers dĂ©favorisĂ©s. L’Ă©tude italienne rĂ©vèle par ailleurs que les femmes immigrĂ©es sont victimes d’une double discrimination : parce qu’elles sont immigrĂ©es d’une part, et parce qu’elles sont femmes, d’autre part. La monographie française insiste quant Ă  elle, sur le caractère insidieux du racisme qui s’apparente Ă  un “racisme ordinaire” et se matĂ©rialise par des insultes, des blagues racistes? et parfois relayĂ© par le discours politique de certains partis xĂ©nophobes. Dans les deux cas, l’accent est mis sur l’inefficacitĂ© des lĂ©gislations nationales et europĂ©ennes, voire mĂŞme s’agissant de l’Italie, le dĂ©tournement des directives europĂ©ennes justifiant des inĂ©galitĂ©s de traitement.

Les partenaires hongrois et bulgares ont choisi d’examiner les discriminations relatives Ă  l’ethnie, en particulier celles dont sont victimes les Tsiganes.
- L’Ă©tude bulgare nous apprend que la communautĂ© tsigane est Ă©valuĂ©e Ă  1,6% de la population totale en 2001 et qu?elle est en augmentation croissante. La discrimination porte principalement sur l’accès au travail. L’Ă©tude montre que le taux de chĂ´mage de cette population atteint les 80% tandis que le taux de chĂ´mage bulgare varie selon les rĂ©gions entre 12 et 25%. Cette communautĂ© est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant la plus fortement touchĂ©e par les restructurations Ă©conomiques, loin devant les Bulgares d’origine turque. Et mĂŞme lorsqu’ils ont accès Ă  l’emploi, les Tsiganes sont encore victimes de discrimination, travaillant principalement dans le secteur de l’Ă©conomie “grise”, bĂ©nĂ©ficiant alors rarement d’assurance sociale et de contrats de travail. L’exclusion s’opère Ă©galement s’agissant de la formation, avec un taux croissant d’illettrisme. L’ensemble concourt alors Ă  ce que les Tsiganes soient majoritairement en dessous du seuil de pauvretĂ©.

- Dans le cas de la Hongrie, la communautĂ© tsigane divisĂ©e en Tsiganes hongrois (sous-groupe majoritaire), Tsiganes valaques et Tsiganes bĂ©ash”,” reprĂ©sente la minoritĂ© ethnique la plus importante Ă©valuĂ©e Ă  5% de la population totale en 1994. Elle est Ă©galement en constante augmentation. La discrimination porte lĂ  encore sur l’accès Ă  l’emploi, les conditions de travail et la formation. L’Ă©tude montre que cette communautĂ© la particulièrement Ă©tĂ© touchĂ©e par le passage d’une Ă©conomie planifiĂ©e Ă  une Ă©conomie de marchĂ©.

Dans les deux cas, il est intĂ©ressant de souligner d’une part, que ces phĂ©nomènes de discrimination ont renforcĂ© l’exclusion, allant jusqu’Ă  gĂ©nĂ©rer de la xĂ©nophobie, et d’autre part, et paradoxalement, que ces populations ne recourent pas ou peu Ă  la justice, les sanctions pourtant contraignantes n’ayant alors que peu d’effets dans la pratique.

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Notre dossier sur le racisme au travail